Et si on parlait du CINE JEUNES STEPHANOIS…

Dessin de François Chanal

J’ai déjà eu l’occasion de présenter cette petite histoire du Ciné-Jeunes Stéphanois à Forez-Info, mais aujourd’hui je voudrais préciser le lien qui existe entre la photo de Jackie Coogan et le logo de notre Ciné-Jeunes.

Au cours des années 68 , les élèves-maîtres me rendaient visite dans mon bureau de la Fédération des Oeuvres Laïques pour préparer les animations du ciné-club IMAGE ET SON , installé à l’amicale Laïque de Villeboeuf-le-Haut.Ils fabriquaient des affiches et parmi eux,il y avait un élève particulièrement doué en dessin,François Chanal qui eut l’idée heureuse de proposer la tête moderne du Kid de Chaplin que nous programmions.

On peut faire remonter l’origine du Ciné-Jeunes Stéphanois aux années 1955/56. A cette époque, les jeudis offraient, dans le cadre des patronages laïques, des projections de films, prêtés gracieusement par la Cinémathèque de Saint-Etienne. Mais les films proposés aux jeunes enfants n’étaient pas des oeuvres suffisamment intéressantes au goût des enseignants cinéphiles qui encadraient ces après-midis.

Devant l’insuffisance de la programmation, deux insituteurs passionnés, aujourd’hui décédés, Aimé Tavaud et Lucien Levy, décidèrent d’adhérer à la Fédération Jean Vigo. Celle-ci avait à son catalogue des films des pays de l’Est produits avec des studios spécialisés pour séduire un jeune public; c’est ainsi qu’ils firent découvrir les films de Trinka et Pojar *. Les séances qu’ils présentaient à la salle de l’Amicale laïque de Tardy étaient accompagnées d’une présentation, d’un débat et d’une fiche documentaire qu’illustrait, avec beaucoup de talent, Pierre Zellmeyer*.

Le cinéma entre dans l’emploi du temps

L’ambition d’Aimé Tavaud et Lucien Levy fut d’organiser des projections pendant l’horaire scolaire et, pour y parvenir, il fallait convaincre les collègues, les parents et l’administration de l’importance de l’image et du film dans l’univers des enfants et de tous les partis que l’on pouvait tirer d’une telle pratique.

Pour répondre très vite aux critiques qu’Eugène Reboul, pionnier du cinéma à l’école comme moyen pédagogique avait déjà rencontrées dès 1926 – vous vous amusez, ce n’est pas sérieux – il a fallu mettre en place une programmation irréprochable, assortie d’une documentation qui ouvrait des pistes de travail dans toutes les disciplines de l’enseignement. C’est à ce prix que le Ciné-Jeunes Stéphanois a pu se développer et toucher près de 4000 élèves dans les années 70.



Il faut dire aussi que, depuis 1946, la Cinémathèque n’était plus dirigée par un inspecteur ni par un instituteur, et sa direction était abandonnée à des employés municipaux qui ne s’occupaient que du prêt et de l’entretien des copies pour les patronages et les associations qui utilisaient le film comme moyen d’alimenter leur caisse. Dans cette restructuration, le passage du 35 mm au 16 mm comme format de diffusion s’est très mal fait: on n’a jamais retrouvé, par la suite, l’équipement qu’avaient toutes les écoles de Saint-Etienne avec un projecteur 35 mm Phoebus.


En 1967, un nouveau secrétaire général

En 1967, Aimé Tavaud, alors secrétaire, change de département, et c’est à ce moment-là que je fus détaché à la Fédération des Oeuvres Laïques de la Loire (FOL), pour prendre en charge son secteur cinéma (U.F.O.L.E.I.S) en perte de vitesse derrière la Fédération Française des Ciné-Clubs, la Fédération Jean Vigo et la  Fédération Loisirs et Culture Catholiques.

Nommé au poste de secrétaire général du CJS, mon rôle a été de mettre en place une organisation qui donnait au cinéma une place prépondérante dans la pratique pédagogique des instituteurs. Chaque film était accompagné d’une fiche pour que l’enfant spectateur puisse considérer la séance de cinéma non plus comme un moment récréatif mais une fenêtre ouverte sur d’autres connaissances. Je dois écrire  aussi que j’ai été secondé dans ma tâche par des inspecteurs cinéphiles qui ont très bien compris l’enjeu, par exemple Messieurs Blanc et Guyot, puis Monsieur Daubresse directeur de l’Ecole Normale  pour la création de la salle du « France »;mais c’est encore une autre histoire qui fera l’objet d’un article particulier sur la création de l’association des Amis du Bon Cinéma et de l’animation de la salle du France.

Pendant cette période de 1967 à 1970,j’assurais la formation en audio-visuel des élèves instituteurs.Dans des ateliers nous réalisions des films qui entraient dans la notation de leur diplôme de fin d’année.Voici plusieurs exemples de ces travaux.

LA VISITE DU PHOTOGRAPHE

Voici l’un  des films le plus abouti du Ciné-Jeunes Stéphanois,il a été réalisé dans la classe du CM2 de Louis Chardon en 1981:

TIMOTHEE LE REVEUR

Il y a eu beaucoup d’autres productions dans les écoles publiques de Saint-Etienne entre 1965 et 1990.

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